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Hausses massives après rénovation : l'ASLOCA Vaud dénonce un passage en force de la Conseillère d’État Christelle Luisier Brodard.

Dès le 1er novembre 2026, une nouvelle méthode de calcul permettra des augmentations potentiellement considérables des loyers après rénovation. En répondant aux revendications des milieux immobiliers par une modification de pratique administrative, le Département de Christelle Luisier Brodard ouvre la voie à des hausses pouvant dépasser 50 % du revenu locatif autorisé dans certains cas, sans possibilité de référendum. Après avoir tenté en vain de faire entendre les préoccupations des locataires, l'ASLOCA Vaud dénonce un passage en force et annonce suspendre sa participation aux dispositifs cantonaux de concertation sur le logement.

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Un cadeau aux bailleurs, sans référendum possible

Le Département des finances, du territoire et du sport (DFTS) a décidé de modifier la méthode de calcul du revenu locatif autorisé après travaux. Cette nouvelle pratique, applicable aux demandes déposées dès le 1er novembre 2026, permettra dans certains cas des augmentations bien plus importantes qu'auparavant.

Selon les exemples présentés par la Direction du logement, les hausses du revenu locatif autorisées pourraient dépasser les 50 % après travaux dans certains immeubles aux loyers modestes, ceux-là mêmes que la loi vaudoise sur la préservation et la promotion du parc locatif (LPPPL) vise à protéger.

En modifiant sa pratique administrative sans réviser la loi ni le règlement, le Département introduit une nouvelle méthode qui échappe ainsi à toute possibilité de référendum. L'ASLOCA Vaud dénonce un choix politique lourd de conséquences, qui permet de satisfaire des revendications des milieux immobiliers sans donner à la population la possibilité de se prononcer.

La 13e rente AVS engloutie par les loyers ?

Les conséquences pourraient être particulièrement graves pour les personnes retraitées et les ménages aux revenus modestes. Une hausse de loyer supplémentaire de 150 francs par mois représente 1'800 francs supplémentaires par année, soit l'équivalent de la 13e rente AVS d'une personne percevant une rente mensuelle de ce montant.

Alors que la population vient d'obtenir une 13e rente AVS pour améliorer le pouvoir d'achat des retraité·e·s, les augmentations de loyers risquent d'en absorber tout le bénéfice, voire davantage.

Pour les personnes ne disposant que de l'AVS ou d'une modeste rente du deuxième pilier, ces hausses pourraient même remettre en cause leur capacité à rester dans leur logement. L'ASLOCA Vaud rappelle qu'elle ne s'oppose aucunement aux rénovations, notamment énergétiques. Mais celles-ci ne doivent pas devenir un prétexte pour imposer des augmentations excessives et évincer les locataires les plus vulnérables.

Les locataires ignorés, le dialogue dans l'impasse

Alors qu'environ deux tiers des ménages vaudois sont locataires, leurs préoccupations ne trouvent pas de réponse satisfaisante auprès du Département. À l'inverse, les revendications des milieux immobiliers se traduisent par des modifications concrètes de la pratique cantonale.

Depuis plusieurs mois, l'ASLOCA Vaud alerte les autorités sur les risques d'une explosion des loyers et sur l'affaiblissement des protections prévues par la LPPPL. Le 26 octobre, une délégation de l'association a une nouvelle fois rencontré Christelle Luisier Brodard pour demander des garanties. Cette rencontre n'a débouché sur aucune concession.

Face à cette impasse, l'ASLOCA Vaud estime que les conditions d'un véritable dialogue institutionnel ne sont plus réunies. Elle annonce par conséquent suspendre sa participation aux dispositifs cantonaux de concertation concernant le logement, refusant de cautionner une politique qui privilégie les intérêts immobiliers au détriment de ceux des locataires.

30 octobre 2026
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